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L'homme |
| Il veut
nous montrer sa maison - Sept cents cinquante sapins que j'ai abbatus moi-même à la cognée, car je ne supporte pas le bruit de la tronçonneuse ... 750 vous vous rendez compte? ... Ah j'étais encore jeune à cette époque ... je cognais, je cognais et j'étais jamais fatigué! - Tu es sûre que ça se prononce comme ça ? demande la dame qui est bruxelloise. - Peu importe, Monsieur Bosmans, vous avez vraiment une belle maison et nous l'admirons, mais nous voudrions bien admirer aussi votre peinture. Nous serait-il possible de la voir? -Ah oui ma peinture! Vous voulez absolumment voir ma peinture ? Mais vous allez être déçus, vous savez ... . Je vous la montre, excusez pour le désordre. - C'est toujours la même chose avec lui, il ne veut pas montrer sa peinture de peur qu'on veuille la lui acheter, mais je le répète, c'est moi qui vais au marché!... |
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| Et nous
arpentons la grande maison. Des toiles, il y en a partout, dans son atelier,
dans tous les couloirs, dans tous les escaliers ... Partout .... Ah, le cochon!
Qu'est ce qu'il peint bien et tout à fait personnel ... On ne voit cela nulle
part! .... on sent le peintre amoureux de la peinture et de sa peinture. Ses
thèmes préférés: les paysages qui l'entourent et qui l'envoûtent, ses propres
animaux, vaches ou poules qu'il soigne avec amour... . Ses scènes que l'on
pourrait dire de genre, mais qui sont bien plus que cela ... c'est du vécu,
profondément vécu. C'est tout ce coin d'Ardenne auxquels il est
viscéralement attaché, en prolongement de ses ancêtres qui sont là ... dans
le petit cimetière du village depuis des siècles et des siècles ... Plus
authentique, il n'y a pas! ... Je peins ma vie et ma vie n'est pas à vendre
! ! ! ! !.....nous dit-il......Elle ne peut être dispersée ! ! !
!
Là dessus, il enfourche sa bécane et disparaît pour son périple journalier. |
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Texte écrit à l'occasion de la rétrospective André Bosmans pour ses 80 ans en 2002 au Musée de Piconrue à Bastogne |