|
En ce Noël 2004, je me
reporte 60 ans en arrière. |
|
Trois mois auparavant, en
septembre, alors que l'on se cachait dans les bois, en venant au petit matin
chercher du ravitaillement nous apprenons que l'Armée Blanche venait de
descendre deux allemands en plein village.
C'était les représailles assurées, surtout pour moi en tant que réfractaire, nous n'avons eu que le temps de rejoindre le fenil. Les allemands étaient déjà là, fourrageant avec la baïonnette en criant "terroristes". Nous, nous étions surtout terrorisés, moi et mon frère Joseph. Ce qui nous sauva fut d'être très fort enfoui dans le foin. Les allemands redescendus, nous n'étions cependant pas au bout de nos soucis. Le dilemme était plus que cornélien, le village était en feu. Si on restait on risquait de "cramer" sur place. Enfin le calme revint. Nous descendîmes prudemment l'échelle. Un jeune de notre âge, affolé était sorti et s'était fait descendre ! |
|
J'entends parfois quelques crétins crier "vive la guerre".Faut croire qu'ils n'en n'ont jamais bavés. Moi,je la hais la guerre. La guerre toujours recommencée. N'entendez-vous pas les bruits de la prochaine ? Vous êtes sourds ou quoi ? Je ne fréquente, jamais, ni les commémorations ni les marches blanches, ni les pèlerinages tous ces endroits ou selon les mots de Ferré, les analphabètes se donnent bonne conscience, ce qui les exempte de la réflexion. Dans les guerres il n'y a pas de héros, il n'y a que des victimes. |
|
Je n'en dirai pas plus, chacun garde ses souffrances par-devers soi.
|
|
André Bosmans |
| Retour à la Homepage |